Réligion: Polémique autour de laisser les mains ou les croiser pendant la prière. Les explications du Pr K. Sanoh
ACTUALITé
Voici un résumé (en français) d’une explication (en arabe) du Professeur Qoutoubou Moustapha Sano 👇🏿👇🏿
CONTEXTE :
Quelqu’un a remarqué que le Professeur Qoutoubou Moustapha Sano, en dirigeant une prière funéraire à Labé, avait laissé ses mains tomber le long du corps. Ce qui a surpris cette personne, c’est qu’elle le connaît d’habitude comme quelqu’un qui prie les mains croisées sur la poitrine. Elle lui demande donc gentiment : pourquoi ce changement ? Est-ce que c’est une question sur laquelle les avis peuvent diverger sans problème ?
SA RÉPONSE :
Il commence par remercier tout le monde pour les condoléances reçues suite au décès de la maman Hadja Hawaou (épouse de feu Elhadj Saïfoullah), puis il répond à la question avec beaucoup de détails, mais l’idée de fond est simple : croiser les mains ou les laisser tomber, ce n’est pas quelque chose d’obligatoire dans la prière. Ce n’est ni un pilier, ni une condition de validité. C’est donc une question sur laquelle les savants ont toujours été partagés, et c’est tout à fait normal. Pourquoi les avis diffèrent? Il explique qu’il existe en réalité trois positions chez les savants musulmans :
Croiser les mains est recommandé; c’est l’avis de la majorité (hanafites, chafiites, hanbalites, zahirites). Ils s’appuient sur plusieurs récits (hadiths) qui montrent que le Prophète ﷺ mettait sa main droite sur sa main gauche pendant la prière. Mais attention, précise le Cheikh : ces récits montrent juste que c’était une habitude du Prophète ﷺ, jamais qu’il est interdit ou invalide de faire autrement. C’est simplement permis, sans plus, surtout dans les prières facultatives, faute de texte clair qui rendrait la chose obligatoire. C’est plutôt déconseillé. C’est la position des malikites (surtout pour les prières obligatoires comme les 5 prières quotidiennes ou la prière funéraire), ainsi que des ibadites, jafarites et zaydites (branches chiites/ibadites).
LE CAS PARTICULIER DES MALIKITES :
Pourquoi ils font autrement ? C’est le point le plus intéressant de l’explication. Les malikites connaissaient très bien les hadiths qui parlent de croiser les mains; ils ne les ont pas ignorés. Mais l’imam Mâlik avait une règle de méthode : quand un hadith isolé contredit ce que tout le monde faisait depuis toujours à Médine (la ville du Prophète ﷺ, où les gens ont continué à pratiquer sa Sunna de génération en génération), on privilégie cette pratique collective transmise plutôt que le hadith isolé. Et comme à Médine, les gens laissaient traditionnellement leurs mains le long du corps, l’Imam Mâlik a suivi cette pratique.
Le professeur Sano insiste beaucoup là-dessus, en mettant en garde : il ne faut surtout pas croire que les malikites font ça par ignorance des hadiths. Ils les connaissaient, mais leur méthode de raisonnement les a menés ailleurs. Pour les chiites et ibadites, la raison est différente : ils suivent ce qui est rapporté de la famille du Prophète ﷺ et aucun texte fiable venant d’eux ne mentionne cette pratique de croiser les mains.
POURQUOI IL A PRIÉ COMME ÇA CE JOUR LÀ :
Il explique qu’il alterne lui-même entre les deux positions selon les situations, car il les considère toutes valables. Ce jour précis, il a choisi de laisser ses mains le long du corps par respect pour l’école malikite, qui est la tradition dominante dans la région (LABÉ) où il se trouvait à ce moment-là. Ce n’était donc pas une prise de position contre le fait de croiser les mains, mais un geste de respect envers la tradition locale.
SA CONCLUSION :
Il s’adresse directement aux imams et prédicateurs : arrêtez de vous chamailler sur ce genre de détails. Puisque tout le monde est d’accord qu’aucune des deux façons de faire n’annule la prière, ça ne vaut pas la peine de créer des tensions ou des divisions pour ça. Il rappelle que le Prophète lui-même acceptait que ses compagnons agissent différemment face à une même situation, sans jamais reprocher à l’un ou l’autre son choix.
MA CONCLUSION :
La véritable liberté se trouve dans la connaissance. Cherchez-la, questionnez, apprenez, réfléchissez, et ne laissez personne verrouiller votre esprit en vous demandant de le suivre aveuglément.
Source: Koumpa