Décès de Mamadou Djouma Bah à Kindia : des versions opposées entre le parquet et la famille
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Le décès de Mamadou Djouma Bah, élève condamné pour fraude lors des épreuves du baccalauréat, continue de susciter de nombreuses réactions dans la cité des Agrumes. Âgé de 18 ans et souffrant de rhumatismes, le jeune candidat est décédé à l’hôpital régional de Kindia.
Afin de faire la lumière sur les circonstances de ce décès, notre rédaction a recueilli les explications du procureur de la République près le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia, ainsi que le témoignage du père du défunt.
Originaire de Dalaba, Mamadou Djouma Bah s’était installé à Kindia pour poursuivre ses études et bénéficier d’une meilleure prise en charge de sa maladie. Son décès, survenu après sa condamnation pour fraude à l’examen du baccalauréat, suscite de nombreuses interrogations.
Très affecté, son père, Boubacar Bah, est revenu sur les derniers jours de son fils et a lancé un appel aux autorités.
« Mon enfant était venu à Kindia depuis la 8ᵉ année jusqu’au baccalauréat. Cette année, lors du bac, il a eu le malheur d’être accusé de fraude et conduit devant les autorités. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans la salle d’examen jusqu’à ce qu’il soit éliminé et condamné, car il n’a pas eu le temps de m’expliquer. Quand ils les ont arrêtés, ils les ont envoyés en prison, où ils sont restés pendant 14 jours. Mon enfant n’était pas en bonne santé. Il souffrait de rhumatismes et ne supportait pas le froid.
Je demande aux autorités de faire beaucoup plus attention. Pour moi, un élève, un médecin ou un militaire ne devrait pas être condamné, parce que ce sont des personnes qui servent ou serviront la nation. C’est l’élève d’aujourd’hui qui deviendra demain policier, gendarme ou même président. Je ne connais pas la loi, c’est simplement ce que je pense.
Je demande également aux autorités de prendre leurs responsabilités et de faire en sorte que les autres élèves condamnés soient libérés avant qu’ils ne perdent, eux aussi, la vie », a-t-il déclaré.
De son côté, le procureur de la République près le TPI de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, affirme que le jeune homme n’est pas décédé en détention. Selon lui, dès que son état de santé s’est aggravé, des mesures ont été prises pour qu’il soit remis à sa famille afin qu’il puisse poursuivre ses soins.
« Ce jeune, Mamadou Djouma Bah, faisait partie des candidats condamnés pour fraude aux examens. Malheureusement, il est décédé des suites de ses rhumatismes, mais il n’est pas décédé en prison.
Dès que le régisseur m’a informé de son état de santé, après l’avoir déjà conduit à deux reprises à l’hôpital, et comme son état ne s’améliorait pas, j’ai demandé qu’il soit remis à ses parents. Ce sont eux qui l’ont ensuite conduit auprès de son médecin traitant. C’est entre les mains de ce dernier que Mamadou Djouma est décédé.
D’après ses parents, il souffrait déjà de rhumatismes, ce qui avait motivé son transfert à Kindia. Malheureusement, il s’est retrouvé dans cette situation. Nous sommes profondément attristés, car personne ne peut souhaiter la mort de son prochain », a expliqué le magistrat.
Le corps de Mamadou Djouma Bah, élève en sciences mathématiques au Groupe scolaire privé (GSP) Souleymane Thiam, a été remis à sa famille au quartier Sinania, dans la commune urbaine de Kindia, où il a été inhumé.
Les circonstances exactes de son décès continuent toutefois d’alimenter les débats, alors que les déclarations de la famille et celles du parquet présentent des divergences sur les conditions ayant précédé sa mort.