Guinée : le MCENI, à travers la GUILAB, signe l’accord pour la construction du deuxième câble sous-marin
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Pour améliorer la connectivité de la Guinée, à l’instar des autres pays de la sous-région ouest-africaine, le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation (MCENI), à travers la Guinéenne de Large Bande (GUILAB), a procédé, ce mercredi 6 mai 2026, à la signature de l’accord de construction et de maintenance du projet MEDUSA Africa.
La cérémonie de signature, placée sous la présidence du Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, a réuni plusieurs membres du gouvernement et conseillers à la Présidence de la République. Parmi eux figuraient notamment Mamadou Angelo Diallo, délégué de l’unité d’exécution du programme Simandou 2024, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, la ministre de l’Environnement, Djami Diallo, ainsi que des directeurs généraux et cadres du département.

Dans son allocution, le ministre Mourana Soumah a d’abord rendu un vibrant hommage au Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, saluant sa vision qui place le numérique au cœur de la transformation économique du pays.
« Dès ma prise de fonction au début du mois de février, j’ai fait du projet MEDUSA une priorité immédiate. À la suite d’un diagnostic global du département, j’ai constaté un risque majeur : la Guinée ne dispose que d’un seul câble sous-marin. Cela signifie que nous sommes totalement exposés et vulnérables en cas de défaillance liée à des facteurs climatiques ou à d’autres incidents en mer. J’ai ainsi effectué une mission à Barcelone pour engager des échanges directs avec les équipes du projet, lever les obstacles et accélérer les décisions », a-t-il expliqué.
Poursuivant, le ministre a rappelé le retard de la Guinée en matière d’infrastructures numériques, comparativement à certains pays de la sous-région, citant notamment la Côte d’Ivoire (5 câbles), le Sénégal (4 câbles) et le Kenya (7 câbles), contre un seul pour la Guinée, actuellement saturé à 98 %.
« Vous voyez combien cela constitue un facteur de risque. Il est donc impératif de doubler, voire de multiplier ces infrastructures afin de mieux couvrir les risques et garantir une connectivité stable », a-t-il insisté.
De son côté, le Directeur général de la GUILAB, Ahmed Karifa Diawara, est revenu sur l’évolution des infrastructures numériques du pays :
« Il y a près de 13 ans, la Guinée accueillait son premier câble sous-marin, Africa Coast to Europe (ACE), marquant un tournant historique avec l’accès direct à la fibre optique mondiale. Mais les besoins numériques ne cessent de croître. Les usages se multiplient, les contenus deviennent plus lourds, et de nombreux services — streaming, cloud, visioconférence, intelligence artificielle, services bancaires en ligne ou encore éducation à distance — reposent désormais sur la fibre optique. »
Il a ainsi souligné que l’unique câble du pays a atteint un seuil critique de sollicitation, rendant indispensable la mise en place d’une nouvelle infrastructure.
Clôturant son intervention, il a salué l’engagement des partenaires du projet MEDUSA et réaffirmé la détermination de la GUILAB à accompagner sa mise en œuvre.
Intervenant également à cette occasion, M. Bertrand, directeur général adjoint de MEDUSA Africa, a indiqué que l’étape de Conakry constitue une phase clé du projet. Il a précisé que MEDUSA Africa repose sur un système de câbles de nouvelle génération, conçu comme une plateforme neutre au service des opérateurs et des écosystèmes numériques.
Pour sa part, le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a salué une initiative stratégique visant non seulement à renforcer la connectivité du pays, mais aussi à sécuriser ses données.
« Merci d’avoir engagé cette procédure qui nous réunit aujourd’hui. Il s’agit d’une question de sécurité nationale et d’une urgence, dans un contexte mondial de plus en plus instable et complexe », a-t-il déclaré.
Fanta Kaba