Labé : plus de 100 élèves privés de cours après le départ de leur unique enseignant à Donta
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La situation scolaire devient préoccupante dans le village de Donta, relevant de la sous-préfecture de Diari, à Labé. Depuis le départ de leur seul enseignant, plus d’une centaine d’élèves se retrouvent sans encadrement pédagogique. Une situation qui intervient après une interview dans laquelle l’instituteur avait dénoncé les mauvaises conditions d’apprentissage dans son établissement.
À l’origine de cette situation, une sortie médiatique d’Alpha Boubacar Baldé, jusque-là seul enseignant de l’école primaire de Donta. Dans son intervention, il avait attiré l’attention sur les difficultés auxquelles sont confrontés les élèves et lui-même au quotidien. Parmi les problèmes évoqués figuraient notamment l’absence de latrines et d’accès à l’eau, ainsi que la vétusté de l’unique salle de classe, qui accueille à elle seule trois groupes pédagogiques.
Loin de se limiter à un constat, l’enseignant avait lancé un appel à la solidarité pour permettre aux enfants d’étudier dans de meilleures conditions. Cet appel a suscité une réaction positive auprès d’une personne de bonne volonté, qui a fait don de tenues et de sacs scolaires aux élèves, par l’intermédiaire du média ayant diffusé l’interview.
La remise de ces équipements s’est déroulée en début de semaine, en présence du maire, qui les a transmis à la communauté bénéficiaire. Le directeur sous-préfectoral de l’éducation (DSEE) de Diari, bien qu’informé de l’initiative selon les témoignages recueillis, n’aurait pas assisté à la cérémonie.
Interrogé sur le s circonstances de cette affaire, Alpha Boubacar Baldé affirme avoir, à plusieurs reprises, porté les difficultés de son établissement à la connaissance de sa hiérarchie. Il dit notamment avoir transmis des photographies à son responsable par WhatsApp pour illustrer l’état des infrastructures.
« Depuis le début du projet, je lui envoyais des images sur WhatsApp concernant l’état des toilettes. Il m’a dit : “Alpha, méfie-toi des réseaux, tu sais qu’il y a des problèmes.” Je lui ai répondu que j’allais prendre mes responsabilités. À un moment donné, il a perdu son téléphone et je ne lui envoyais plus les images de l’avancement du projet. Mais moi, j’ai continué. Nous avons demandé de l’aide et cette aide est arrivée à Diari », a-t-il expliqué.
L’enseignant précise que le maire a assuré la remise des dons à la communauté, sans la présence du DSEE. Il ajoute que les habitants lui ont affirmé avoir préalablement informé le responsable local de l’éducation de la tenue de la cérémonie.
Mais au-delà de la controverse autour de cette initiative, c’est surtout l’avenir scolaire des enfants qui préoccupe l’instituteur. Affecté par les conséquences de son départ, il dit avoir été particulièrement marqué par la réaction de ses élèves.
« Lorsque j’ai annoncé mon départ aux enfants, toute la classe a pleuré. Cela m’a beaucoup touché. Je veux qu’on rouvre l’école et que les enfants continuent d’étudier », a-t-il confié.
Du côté des parents d’élèves, des démarches seraient en cours pour trouver une solution. Joint au téléphone, le président de l’Association des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) a indiqué qu’il prenait part à une réunion avec le DSEE de Diari. Selon lui, ce responsable aurait promis de mettre un autre enseignant à la disposition de l’établissement afin d’assurer la continuité des cours.
Pour l’heure, le DSEE de Diari n’a pas pu être joint, son numéro de téléphone restant injoignable. Les raisons précises du départ de l’instituteur, présenté comme une suspension consécutive à son intervention médiatique, ainsi que la version des autorités éducatives locales, restent à établir.
À Donta, les parents et les élèves attendent désormais une solution rapide pour permettre la reprise des activités scolaires et garantir aux enfants leur droit à l’éducation.