VENDREDI 11 SEPTEMBRE 2026
FR

Guinée : un accord de 425 millions de dollars avec le FMI pour soutenir le nouveau programme économique

ACTUALITé

 

Après plusieurs semaines de négociations, la Guinée et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique et financier, soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Prévu sur 41 mois, ce programme devrait mobiliser environ 425 millions de dollars en faveur de la Guinée
La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a annoncé cette avancée lors d’une conférence de presse réunissant plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, et le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, Karamo Kaba. Les ministres de l’Agriculture et de l’Énergie ont également pris part à la rencontre.
Selon Mariama Ciré Sylla, cet accord intervient dans un contexte marqué par le retour à l’ordre constitutionnel et la volonté des autorités de consolider la stabilité institutionnelle et économique du pays. Elle estime qu’il doit accompagner les réformes engagées pour renforcer la mobilisation des recettes publiques, moderniser les finances publiques, digitaliser l’administration et améliorer la transparence dans la gestion des ressources de l’État.
La ministre a notamment évoqué une croissance de 6,9 % en 2025, avec une accélération attendue en 2026, ainsi qu’une progression des recettes fiscales, passées de 8,6 % du PIB en 2024 à 11,3 % en 2025.
Cinq priorités annoncées
Le nouveau programme devrait s’articuler autour de plusieurs axes prioritaires : la mobilisation durable des recettes publiques, l’amélioration de la gestion des finances publiques, la stabilité macroéconomique et financière, le renforcement de la gouvernance et de la transparence, ainsi que la diversification économique et le développement du capital humain.
Pour les autorités, l’objectif est notamment de mobiliser davantage de ressources internes afin de financer les priorités nationales, dont le programme Simandou 2040, tout en améliorant la qualité des dépenses publiques.
Mariama Ciré Sylla a également insisté sur la nécessité de transformer la croissance économique en emplois et en amélioration des conditions de vie.
« Une économie performante n’a de sens que si elle permet à nos populations de mieux vivre. »
Elle estime que les revenus miniers doivent notamment contribuer au financement des infrastructures, des écoles, des hôpitaux, de l’électricité et à la création d’opportunités pour la jeunesse.
Ismaël Nabé : un accord qui doit renforcer la crédibilité du pays
Pour le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, l’accord avec le FMI constitue « un signal de crédibilité, de confiance et de responsabilité ».
Il estime que la stabilité macroéconomique doit servir de socle aux investissements dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, l’éducation et la santé.
Le ministre a également mis l’accent sur la planification, la modernisation du système statistique national et le suivi-évaluation des politiques publiques. Selon lui, la Guinée doit surtout veiller à mobiliser les ressources de manière efficace et à les orienter vers des projets à fort impact.
Karamo Kaba : « Le véritable travail commence maintenant »
De son côté, le gouverneur de la Banque centrale, Karamo Kaba, a souligné que la valeur de l’accord ne se limite pas au financement annoncé. Il doit également contribuer à renforcer la crédibilité de la politique économique de la Guinée et la confiance des investisseurs et des partenaires.
Il a rappelé que le pays doit transformer sa croissance et ses ressources minières en infrastructures, emplois, développement du secteur privé et nouvelles chaînes de valeur.
« Nous devons passer d’une culture de l’annonce à une culture de la réalisation », a-t-il insisté, appelant à mesurer les résultats, corriger les insuffisances et rendre compte aux citoyens.
La prochaine étape sera l’examen du programme par le Conseil d’administration du FMI, dont l’approbation permettra de parachever le processus.
Pour les autorités guinéennes, l’enjeu sera désormais de transformer les engagements et les réformes en résultats concrets pour les populations, notamment en matière d’emplois, d’infrastructures, de services publics et de développement économique.
Thierno Kalifatou Doumbouya