MARDI 28 JUILLET 2026
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Mamadi Doumbouya à la CEDEAO : « Les sanctions ne sont pas la solution »

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De retour à la tribune de la CEDEAO après plusieurs années de transition et de sanctions, le président guinéen, le Général Mamadi Doumbouya, a livré un discours aux accents politiques et historiques lors de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. Plaidant pour une organisation recentrée sur son projet d’intégration économique, il a dénoncé les sanctions qu’il juge contre-productives et appelé à une gestion plus adaptée des crises au sein de l’espace communautaire.

Réunis ce dimanche 19 juillet au Julius Maada Bio International Conference Centre de Lungi, en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont tenu leur 69ᵉ session ordinaire. Cette rencontre a été marquée par la participation de la Guinée, qui effectue son retour au sein des instances de l’organisation après les sanctions imposées à la suite du changement de pouvoir intervenu le 5 septembre 2021.

Prenant la parole devant ses homologues, le président guinéen, le Général Mamadi Doumbouya, a invité la CEDEAO à renouer avec les idéaux de ses fondateurs. Il a rappelé que l’organisation, créée le 28 mai 1975 à Lagos, avait pour vocation première de favoriser l’intégration économique, le développement et la paix dans la sous-région.

« Lorsque les quinze pères fondateurs de la CEDEAO se sont réunis le 28 mai 1975, leur objectif était clair : bâtir un grand marché commun ouest-africain capable de favoriser le développement et la paix. Ils avaient compris que le développement économique constitue le meilleur rempart contre les conflits et que seule l’unité permet à nos États d’être plus forts et plus respectés », a déclaré le chef de l’État guinéen.

« Les sanctions ne sont pas la solution »

L’un des moments forts de son intervention a porté sur la politique de sanctions appliquée par l’organisation communautaire. Sans remettre en cause la nécessité de préserver les principes de la CEDEAO, Mamadi Doumbouya a estimé que les sanctions ne devraient intervenir qu’en dernier recours.

Selon lui, ces mesures affectent avant tout les populations civiles plutôt que les dirigeants visés.

« Les sanctions ne sont pas la solution. Trop souvent, notre sous-région en fait le premier réflexe alors qu’elles devraient constituer le dernier recours. Elles frappent d’abord les populations : les enfants dans les écoles, les femmes dans les marchés, les agriculteurs dans les champs, les artisans dans leurs ateliers. Elles fragilisent les systèmes de santé, perturbent l’approvisionnement des marchés et favorisent les trafics illicites. Une communauté qui appauvrit un peuple pour sanctionner un État s’éloigne de l’esprit qui a présidé à sa création », a-t-il soutenu.

Une réponse adaptée à chaque crise

Le président guinéen a également plaidé pour une approche plus nuancée dans le traitement des crises politiques au sein de l’espace communautaire.

Recourant à une comparaison médicale, il a estimé qu’aucune situation ne pouvait être traitée de manière uniforme.

« On ne soigne pas le paludisme et le cancer avec le même remède. Chaque crise possède ses spécificités, chaque peuple son histoire et chaque État ses réalités. Appliquer une réponse identique à des situations différentes ne peut constituer une solution durable », a affirmé le chef de l’État.

Les militaires, « une composante du peuple »

Dans la dernière partie de son discours, Mamadi Doumbouya est revenu sur l’histoire de la création de la CEDEAO. Il a rappelé que parmi les quinze dirigeants ayant fondé l’organisation en 1975 figuraient dix chefs d’État militaires et cinq civils.

Pour lui, ce rappel historique montre que l’appartenance à l’institution militaire n’est pas incompatible avec la construction de l’intégration régionale.

« Les militaires font partie du peuple. Ils consentent au sacrifice suprême pour défendre leurs nations. Leur uniforme ne saurait constituer un motif d’exclusion de la vie de notre communauté. Ils sont, avant tout, des fils et des filles de nos peuples », a conclu le président guinéen devant ses homologues ouest-africains.